Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 12:28

lamy

 

 

Le début de ma semaine a été ensoleillé grâce à une belle rencontre, à un voyage peu commun, au rythme des mots de Jean-Paul Lamy.

 

J’ai en effet dévoré (non, je n’exagère pas !) les nouvelles de son recueil Achaba. Le livre ayant reçu le prix du Breffroi, à Douai, en 2009, je partais donc confiante. Et puis, je connais un peu l’auteur et sa plume…  Mais j’ai été comblée au-delà de mes espérances. C’est simple, voilà quatre jours que j’ai refermé le bouquin et les personnages me hantent encore, le Maghreb me chante toujours ses histoires belles et cruelles, douces et amères au creux de l’oreille. Impossible aussi de me séparer des destins que j’ai croisés, de ces regards que j’ai imaginés, de ces gens « de rien » qui pourtant représentent tout là-bas, au pays, au bled.

 

Les narrations se déroulent dans l’Algérie post coloniale, aux frontières de la Tunisie ou ailleurs, mais toujours sous le soleil brûlant et le vent sifflant son ire. Jean-Paul Lamy aime son sujet, ces terres, cela se sent aux mots qu’il a choisis, aux phrases qu’il a si bien ciselées, comme s’il était l'ombre des héros auxquels il donne vie.

 

Alors, je ne peux que vous encourager à lire ce recueil, paru aux éditions du Douayeul, sous le titre magique de « ACHABA ». Ce trésor est devenu introuvable, même chez l'éditeur, mais l'auteur a encore en sa possession quelques exemplaires (10 euros l'unité, frais de port offerts) janpollamy@wanadoo.fr.
 Il serait dommage de manquer ce voyage de l’autre côté de la Méditerranée, de ne jamais connaître la troublante Djamila et l’homme de la nuit, la petite Kheira,  de ne pas découvrir les nomades du sud et les pêcheurs de mérou, de ne pas rencontrer Farid et ses blondes aux cheveux jaunes ou bien le courageux et naïf Lakhdar perdu dans un monde qui oscille entre passé et présent, entre science et religion.

Par ptitlu - Publié dans : J'AI LU
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 15:54

(Voici un texte composé pour un jeu d'écriture proposé par le forum "maux d'auteurs". Les mots en gras étaient à glisser dans l'histoire. Le thème : une découverte qui change l'existence)

 

 

Depuis que son bien-aimé l’avait quittée, les larmes versées avaient asséché son corps harmonieux. Ses lèvres gourmandes demeuraient pincées, ses joues pâles et creuses. Ses hanches pleines qui attisaient naguère l’envie des maris et le fiel des épouses avaient perdu leur attrait. Sa démarche onduleuse s'était raidie. Ses pieds traînaient dans la poussière des chemins et heurtaient les cailloux.

 

En sa compagnie, elle s'était montrée plus servile qu'une esclave et il l'avait comblée comme aucun amant n’avait su le faire. Jamais elle n’avait détourné son regard vers d’autres tentations. Fidèle parmi les fidèles, l’impudique avait caché ses pensées impures aux indiscrets. Désormais, lui seul la contemplait nue, lui seul connaissait ses rêves, ses frayeurs enfantines et nocturnes.  

 

Bien des hommes avaient défilé dans sa couche, cependant il les avait tous effacés, sans même la toucher, en la caressant de ses douces paroles. Moins séduisant que d’autres prétendants, mais attentif, son rabbi la surprenait sans cesse. Doté du talent rare des orateurs, il la berçait de sa rhétorique. Pour lui, elle aurait tout donné, y compris sa vie.

 

 Malheureusement, son destin était autre. Un jour, des soldats l’avaient arrêté, puis mené devant un tribunal. Là, traité tel une fripouille, il avait été condamné à quitter ce monde afin de contenter une vox populi manipulée par la colère des prêtres.

 

Avant que le tombeau ne soit scellé, la tradition lui permettait de dire « adieu » au défunt. Les bras chargés d’aromates, de myrrhe et d’aloès, elle prit la route qui menait à sa dépouille.

 

Masquée par un léger voile de lin et par le nuage poussiéreux qui la suivait, à l'abri du regard de cette femme qui l'accompagnait, elle laissa son visage exprimer une colère mêlée de détresse. Ensuite, ses pensées divaguèrent vers des souvenirs heureux que personne ne pourrait jamais lui dérober. Ce fut là qu’elle puisa la force nécessaire pour accomplir sa mission.

 

À l'approche du lieu, dans ses yeux autrefois de braise, un feu follet s’embrasa. Elle accéléra le pas, mais trébucha sur quelques chicots entravant les abords de l’antre. En se redressant, elle scruta les alentours. Le corps avait disparu, pourtant tout indiquait sa présence récente. Son odeur hantait encore la grotte, des effets gisaient au sol. Elle se jeta sur le linceul, huma la sueur qui l'imprégnait et qui éveilla, un instant, son désir. Puis, une lueur d'inquiétude se mêla à l'espoir qui l'avait d'abord envahie. Sa compagne lui saisit la main. Elles unirent leur surprise, partagèrent leurs doutes, avant de se séparer sans avoir pu rendre un dernier hommage à l’aimé. La prophétie se réalisait-elle ?

 

Effrayée, elle entra dans le potager, courut à travers les rangées de salades jusqu’au jardin aux simples. Elle cria sa douleur sans retenue, loin des intrus. Alors qu'elle tombait en pâmoison, deux anges vinrent sécher ses larmes. Soudain, il lui apparut. Interdite, elle but ses révélations, l'adora et se prosterna à ses pieds tant de fois lavés.

 

Après son départ, la jeune femme partit annoncer la bonne nouvelle aux hommes et aux femmes qui, comme elle, se morfondaient.

 

C'est ainsi qu'en ce matin de la pâque, la catin fut récompensée de sa ferveur et devint celle que Yéchoua avait chargée d'annoncer la Résurrection. La légende de Marie de Magdala, la pécheresse faite sainte, l'apôtre des Apôtres, était née et sa vie changée pour l'éternité.  

Par ptitlu - Publié dans : TEXTES DE PTIT LU
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 11:20

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RESUME DU LIVRE : Dans la deuxième moitié des années 1970, une brillante étudiante en littérature cherche le moyen de se faire aimer de son professeur favori. Celui-ci vient de créer un atelier de poésie mais l'essentiel des écrits qu'il reçoit ne l'enthousiasme guère. Il décide alors de faire écrire un journal intime à ses élèves, confessions qu'ils doivent lire en classe et qui ne sont véritablement récompensées qu'à conditions d'être croustillantes...

 

 

MA CRITIQUE : J’ai enfin lu un « Joyce Carol Oates » et j’avoue qu’il m’a fallu  quelques pages pour entrer dans l’histoire et le style : tranchant, direct, efficace, qui frappe là où cela fait mal, qui vous happe sans vous lâcher, vous triture l’esprit et le ventre. Délicieuses Pourritures ne fait que 120 pages, mais quelle émotion ! Impossible de quitter le livre, pourtant très très très noir !!! Une plongée dans un collège américain de filles dans les années 1970, un enseignant de littérature et son épouse sculptrice qui jouent à des jeux dangereux, des jeunes filles qui se cherchent… Tous les ingrédients sont là et la descente aux enfers ne déçoit pas. J’ai refermé ce roman sans vraiment savoir si j’avais aimé ou pas tant il m’avait « travaillée ». Voilà deux jours qu’il a regagné son étagère, dans ma bibliothèque, pourtant je repense aux personnages, à l’écriture, sans cesse. Alors, ce qui est certain, c’est qu’il ne laisse pas tranquille ses lecteurs, même après l’avoir refermé. Une expérience étrange, forte, qui vous poursuit.  

Par ptitlu - Publié dans : J'AI LU
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 09:39

En ces temps où la météo nous déprime, où les cadors de la politique abusent de coups bas et bien j'avais envie de vous proposer le poème d'une écrivaine de talent que certains connaissent déjà, Nadia Leroux. Son palmarès lors des concours, ses succès en séances de dédicaces sont autant de preuves, s'il en fallait, de la qualité de sa plume et de sa sensibilité. Si on ajoute à cela sa gentillesse et ses coups de gueule toujours bien vus, vous avez là le portrait d'une auteure incontournable.

 

Requiem pour Gervaise est extrait d'Au féminin-plurielles. Dans ce récent recueil, il est question de femmes, de toutes les femmes ! Point de féminisme exagéré, juste l'envie d'en parler avec le coeur, de les mettre à l'honneur, sans s'imposer de barrières :

 

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Un requiem est un adieu 

Un signe

Un changement de monde

Des invités d'horreur en uniforme haut

Un fond d'absinthe au caniveau

Repasseuse d'académie

En vert, et contre tout

Pour des enfants sans nom

Des peaux imaginées

Nana

Des rêves en bracelets

Electroniques

Au crépuscule des cieux il y avait un

nom

Puis rien

Ce petit rien de différence ferait de toi

une fée

Requiem pour une vie perdue, si loin

Et pourtant...

 

 

 

Par ptitlu - Publié dans : J'AI LU
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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 17:37

Bayrd

 

J'ai fini ce roman historique il ya quelques jours et j'étais pressée de vous en parler. Il m'a emporté bien loin de notre siècle, en un temps où l'atmosphère empoisonnée des châteaux, l'honneur des chevaliers et gentes dames et les duels à l'épée nous faisaient frémir. J'ai retrouvé en ces pages le souffle épique des films de mon enfance grâce à une langue soignée, une mise en scène maîtrisée, un suspens bien dosé, surprenant et des personnages qui ne nous laissent pas indifférents. En plus, l'auteur, Eric Fouassier, est un homme charmant, passionné qui sait communiqué son goût pour l'écriture et la lecture. Il a longtemps écumé les concours de nouvelles et depuis six ans, ses romans et polars connaissent de beaux succès, mérités. "Mort thématique" a d'ailleurs remporté le prix Plume de glace, à Serre Chevalier en 2011. 

 

Quatrième de couverture : Avril 1498. La mort s'abat sur le royaume des lys, frappant à sa tête. En son château d'Amboise, le roi Charles VIII décède des suites d'une mauvaise chute. Tous à la Cour concluent à un funeste accident...Tous, sauf un quasi inconnu qui vient distinguer qui vient se dinstinguer à la bataille de Fornoue, lors de la première campagne d'Italie.

Pierre Terrail, seigneur de Bayard, n'est pas encore "le chevalier sans peur et sans repproche" mais âgé d'à peine vingt-deux-ans, il ne manque déjà pas d'audace. Convaincu que son souverain a été assassiné, bien que le corps de celui-ci n'est jamais été retrouvé dans une galerie où nul n'a pu pénétrer. Le jeune homme dispose de quelques jours seulement pour mener l'enquête et retrouver l'auteur de ce crime impossible.

Armé de la confiance du premier chambellan, Philippe de Commynes, et du soutien de la belle Héloïse Sanglar, Bayard engage alors une lutte contre le temps mais aussi contre des adversaires prêts à tout. Il doit notamment affronter un assassin redoutable, "le Défeurreur", aux ordres d'un mystérieux duc au pourpoint d'argent. Au terme de sa quête, il découvrira un incroyable secret susceptible de faire vaciller le royaume.

Trahisons, guet-apens, tortures, assassinats, envoûtements...tels sont les ingrédients de ce roman qui ressuscite cette fascinante période durant laquelle la France bascula du Moyen-Âge à la Renaissance.

Par ptitlu - Publié dans : J'AI LU
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- 11 mars 2012 à Trévron (22) à confirmer

 

- 21 et 22 avril 2012 au Sportiviales de Vitré (35)

 

- 6 mai 2012 au salon des Arts et des Lettres de Servon sur Vilaine (35)

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